Intérieur nuit. Un appartement, une fête. Du bruit, du monde. Les gens boivent, fument, parlent, dansent. On voit d'abord son visage à lui, en gros plan, de face.
Ni toi, ni moi. Camille Laurens.
Et j'imagine. Un monde où tout serait simple. Sans question superficielle. Il n'y aurait plus rien à remettre en question. Seulement c'est impossible. Remettre en question tout, tout le temps. L'on ne vit que pour ça. Et pour nous aussi. Bien sur. Pour notre nombril égoïste. Qui ne voit pas la misère qui nous entoure. Seulement celle qui nous poursuit. Notre propre misère. Inexistante. Et intérieur. L'autodestruction est un art à la mode. Inimitable. Et impossible. Mais tellement tentée. Le suicide en est le nirvana. Peu le tente. Peu le réussisse. Certes je ne vante pas les mérites du suicide. D'ailleurs je suis contre le suicide. Je décrit ça comme un preuve de lâcheté. C'est reculer devant le néant. Le néant est ce qui est le plus dur à vaincre. L'infini est infiniment plus terrorisant que la vie. Ce que l'on ne connait pas est à la fois fascinant et effrayant. On le sait tous. C'est pourquoi l'on s'y intéresse. On aimerait tout savoir mais en même temps si peu de choses. Sinon la vie n'aurait plus aucun intérêt. On se lasse vite. Pour un oui. Pour un non. Pour tout et pour rien.