Savoir ce que l'on veut, ou ne pas savoir. Savoir ce que l'on désire ou l'on ne désire pas. C'est comme un pas en avant, deux pas en arrière. Comme se persuader que l'on ne ressent rien et que le monde va bien. Un jour je n'y penserais plus. Un jour je ne le penserais plus. Un jour je verrais loin. Un jour j'irais loin. C'est comme un jeu de dés sans dés. Seule joueuse que je suis. Seule joueuse que j'existe. Seule joueuse que je joue. Dans un autre monde serais je autre ? Dans un autre monde serais ailleurs ? Ou serais je moi ? Serais je ça ? Vit on pour ce que l'on parait ou pour ce que l'on est ? Vit on pour ce que l'on sent ou vit on pour ce que l'on vit ? Un jour, bien plus tard on saura, on pensera, on imaginera, on aimera. Mais avant il faut subir, haïr, sentir, devenir, construire. Et puis tout s'écroule, tout se sent, tout se ment. On se ment. On s'aime. On se déteste. Tu m'aimes. Tu m'aimes comme je t'envies. Tu m'aimes comme j'ai envie de te haïr. Comme j'ai envie de ne plus avoir envie. Tu m'aimes comme j'ai envie de ne plus te désirer. Tu m'aimes comme j'ai envie de ne plus te détester. Et tu avances. Tu braves. Tu te bats. Et je me vide. J'abandonne. J'oublie. Et je laisse. Je lâche. Je crache. Et je t'aime. Comme dans un autre monde. Ailleurs. Comme quelque part. Comme si le monde nous quittait. Comme si tout se barrait. Tu t'imagines sans moi. Tu t'imagines loin de moi. Tu t'imagines. Je n'imagine rien. Je m'imagine bien. Je ne pense plus. C'est ailleurs que je pars. C'est ailleurs que je te quitte. C'est ailleurs que je te vire. Tu te tire. Tu te bats. Tu te barres. Tu bats. Tu aimes. Tu perds. Tu joue. Tu penses. Tu bandes. Tu me regardes. Me désires. Mais ne ressens rien. Tu ne l'abandonneras pas. Tu ne la laisseras pas, jamais pour ça. Tu partiras. En courant. En pleurant. En criant. Vas t'en. Fou le camps. Barre toi et laisse moi. Pourquoi ? Parce que je t'aime.